Les flots en sanglots

Alioune Badara MBENGUE

Description

Amour, passion, drame, désespoir…
Un récit à la fois poétique et captivant qui retrace le parcours tragique de Tamsir, jeune et brillant diplômé pris dans l’étau d’une société décidée à promouvoir l’inégalité des chances. Il valsait ainsi de déconvenues en désillusions jusqu’au jour où il est confronté à une lourde décision : continuer de subir les affres d’un système arbitraire ou abandonner l’amour de sa vie pour l’immigration clandestine…

  • Alioune Badara MBENGUE

    Alioune Badara MBENGUE est un jeune romancier Sénégalais né en 1986 à Diourbel. Comptable de Formation, c'est entre sa ville natale et Dakar la capitale qu'il a fait tout son cursus scolaire sanctionné par un DUT en Finance-Comptabilité obtenue à l'ESP (École Supérieure Polytechniques) de Dakar en 2007.

Note de lecture

1. Résumé général

Les flots en sanglots raconte l’histoire de Tamsir, un jeune Sénégalais qui tente l’émigration clandestine vers l’Espagne, survit à un naufrage, et retourne dans son pays marqué par ce traumatisme. Le roman explore ses luttes psychologiques, ses relations familiales et amoureuses, ainsi que les défis socio-économiques qui l’ont poussé à risquer sa vie. Structuré en 17 chapitres, le récit alterne entre le présent (son retour au Sénégal) et des retours en arrière sur son passé, notamment son amour pour Fatima et son amitié avec Mamad, mort en mer.

Thèmes principaux

  • L’émigration clandestine : Le roman dépeint les raisons (chômage, désespoir) et les conséquences (mort, traumatisme) de cette quête périlleuse.

  • Le traumatisme et la folie : Tamsir souffre de stress post-traumatique, avec des cauchemars récurrents et des crises de violence (ex. : l’altercation avec Vieux Samakhé).

  • La famille et les responsabilités : Les relations avec sa mère (Mère Marème), son frère Kader, et sa sœur Lalla (enceinte d’un professeur) illustrent les tensions et solidarités familiales.

  • L’amour et la perte : Son histoire avec Fatima, métisse belle et cultivée, se termine tragiquement (elle meurt dans un accident), accentuant sa culpabilité.

  • La critique sociale : Le livre dénonce la corruption, l’injustice (procès inéquitable de Tamsir), et les conditions de vie précaires au Sénégal.

Analyse des personnages

  • Tamsir : Intellectuel sans emploi, rongé par l’échec et la culpabilité. Son voyage en pirogue symbolise son désespoir, et son retour le transforme en un homme amer et incompris.

  • Mère Marème : Figure maternelle forte, elle incarne la résilience et le sacrifice, mais échoue à "sauver" son fils.

  • Fatima : Jeune femme éduquée et aimante, elle meurt accidentellement, laissant Tamsir hanté par son absence.

  • Serigne Cheikh : Maître coranique et guide spirituel, il représente la sagesse traditionnelle face aux crises modernes.

  • Mamad : Ami soldat de Tamsir, il périt en mer. Son personnage souligne la fraternité et les risques de l’émigration.

Style et structure

  • Narrative non linéaire : Le récit mêle présent (retour de Tamsir) et flashbacks (son passé avec Fatima, le naufrage).

  • Langue poétique et réaliste : Mbengue utilise des métaphores (ex. : "les flots en sanglots" pour l’océan destructeur) et des dialogues crus pour peindre la réalité sénégalaise.

  • Symboles :

    • La mer : À la fois espoir et tombe.

    • La lettre finale : Testament spirituel de Tamsir, révélant son acceptation de la mort.

Forces et originalité

  • Portrait psychologique profond : Tamsir est un anti-héros complexe, ni totalement innocent ni coupable.

  • Dénonciation sociale : Le roman critique les politiques qui poussent à l’exil et l’hypocrisie des élites (ex. : l’adjoint au maire).

  • Fusion des genres : Mêle drame psychologique, roman social et éléments mystiques (rêves prémonitoires, guérisseurs).

Conclusion

Les flots en sanglots est un roman puissant qui lie destin individuel et critique sociétale. À travers Tamsir, Mbengue donne une voix aux "miraculés" de l’émigration, ces survivants condamnés à vivre avec leurs fantômes. La fin ouverte (la lettre de Tamsir) invite à réfléchir sur la rédemption et l’héritage familial.